Publié le dimanche 4 janvier 2009

Réflexions du fauteuil : le fantasme de la voiture électrique

04 01 2009

Il en a été beaucoup question avant les Fêtes suite aux déboires de GM et Chrysler et le sujet devrait ressurgir dans les prochaines semaines parce que leurs problèmes ne sont pas réglés. Même Toyota a annoncé un ralentissement de sa production par manque de clients. Et ça ne va pas s’arranger en 2009 alors que la crise économique mondiale va culminer.

Plusieurs croient que la voiture électrique est la solution économique et écologique pour sauver l’industrie automobile. Ils se trompent. Voici pourquoi :

Les ventes des voitures hybrides le prouvent, les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher pour des véhicules pour des raisons purement écologiques. Même si on leur promet que l’économie d’essence réalisée va leur permettre de récupérer la différence après quelques années, ils n’en ont cure. Tout le monde est pour la vertu à condition qu’elle soit offerte à prix compétitif et c’est impossible. Le développement des nouvelles technologies coûte des fortunes que les fabricants n’ont pas le choix de récupérer en vendant leurs produits plus cher. C’est le syndrome Hygrade à l’envers, tout le monde en vent parce que c’est meilleur, mais personne n’en achète parce que c’est trop cher. La preuve :

La Volt, la première voiture électrique sera commercialisée par GM en 2010 si elle ne sombre pas dans la faillite. Ce n’est pas une voiture entièrement électrique, car elle a un moteur d’appoint à essence. C’est un hybride dont le concept est différent de celui de la Prius par exemple. En connaissez-vous le prix? 40,000 $ US! GM espère que le gouvernement américain subventionnera son achat pour ramener le prix  autour de 30,000 $. Connaissez-vous son autonomie maintenant? 64.4 Km! Pour aller plus loin, il faut mettre en fonction le moteur à essence de 4 cylindres, 1.4 litre, pour recharger la batterie. Comme il s’agit d’une batterie lithium-ion, il faudra éventuellement la changer à un prix que je n’ose même pas imaginer. Le Québec est le royaume de la petite voiture économique en Amérique-du-Nord. Croyez-vous sérieusement qu’il y aura beaucoup de Québécois qui vont payer 40,000 $ pour un produit aussi bancal. D’ailleurs, y en aura-t-il ailleurs?

Les concepteurs de la Volt croient qu’elle répondra aux besoins de 75% des Américains qui utilisent leurs voitures quotidiennement pour aller de la banlieue à la ville. Le problème, c’est que personne n’utilise sa voiture pour cette seule fonction surtout en Amérique où les distances sont grandes et les familles souvent dispersées. On veut utiliser sa voiture pour faire le tour de la Gaspésie, partir en vacance à la mer, etc. Qui voudrait payer une voiture électrique et devoir en plus en louer une pour partir en vacances? On ne parle pas de l’Europe où le problème n’est pas tant la distance que le prix de l’électricité et la façon dont elle est produite. Oubliez l’hydro-électricité bon marché et écologique dont nous sommes le plus grand producteur au monde. En Europe, l’électricité est produite par des centrales nucléaires ou avec du pétrole. Je répète, du pétrole! À quoi ça sert d’avoir des voitures électriques si c’est pour les alimenter au pétrole?

J’ai pris comme exemple la Volt, mais toutes les limitations dont j’ai parlé sont encore plus pertinentes dans le cas de voitures 100 % électriques. Personne ne va acheter un véhicule qui va s’arrêter après 50 km parce que la batterie est vide. Impossible de se rendre de Montréal à Québec et vice versa sans faire une pause pipi de 4 heures à mi-chemin pour recharger les batteries. Ce type de véhicule ne peut servir qu’à des fonctions très limitées comme la livraison locale de pizza ou de personnes âgées de l’église au centre d’achat! Tant qu’il n’y aura pas de systèmes de génération et d’accumulation de l’électricité plus performants, la voiture électrique n’aura pas d’avenir viable. Au rythme actuel du développement de cette technologie, un véhicule électrique efficace et capable de répondre aux besoins de l’automobiliste moyen ne verra pas le jour avant plusieurs décennies.

Il existe d’autres technologies dont on entend parler de temps à autre. À ceux qui croient encore à une conspiration internationale pour empêcher le développement du moteur roue d’Hydro-Québec, je dis que s’il n’existe pas dans sa forme originale, c’est tout simplement qu’il n’était pas viable tel quel. L’idée a été reprise par d’autres industriels en Europe et on verra ce que ça donnera. La voiture à hydrogène existera peut-être un jour. Mais sa commercialisation exige une restructuration complète du réseau de distribution de l’énergie qui sera très couteuse. Contrairement à l’électricité qui se trouve partout, l’hydrogène n’est disponible actuellement nulle part.

La voiture électrique, y croyez-vous encore?

Vos politiciens préférés vous attendent sur mon autre blogue. Suivez le lien ci-dessous. Merci.

http://lesbulles.monblogue.branchez-vous.com/

 





2 Commentaires :

Commentaire écrit le mardi 6 janvier 2009 à 09:57:00 (lien)
Jerome
Aux Etats-Unis ou la majorité de l'électricité est produite par des centrales au charbon, ou sera le gain?


Commentaire écrit le dimanche 4 janvier 2009 à 15:18:22 (lien)
L\'avocat du Diable
Totalement électrique, non je n'y crois pas. Je crois qu'il faut améliorer l'hybride comme la Prius branchable prévue pour 2009 ou 2010.

Je crois surtout qu'il faut aborder le problème de façon plus globale avec le transport en commun, les réseau cyclable et piétoniers, l'aménagement urbain, le télé-travail et la réduction du transport par camion.

Je trouve c'à bête et borné de s'acharner à vouloir perpétuer la société de l'auto, sans profiter de la menace du réchauffement climatique pour changer notre mode de vie. c'a ne veut pas dire qu'il faut nécessairement rejeter complètement l'auto.


Ajouter un commentaire